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Archives mensuelles : février 2012

Fact-checking instantané: peut-on changer la politique française?

L’un des reproches les plus récurrents fait au monde politique est la méfiance qu’il suscite. Depuis toujours, les politiques nous mentent, on en est conscient. Maintenant, si on avait la possibilité de vérifier en temps réel les propositions et exagérations de nos candidats, de comparer leurs promesses et leurs réformes celà deviendrait plus compliquer de prendre le peuple pour des cons. Ca tombe bien, en 2012, on peut le faire… et ça ne prend que 2 minutes.

Les rois de l’intox.

Lancé en 2008, Désintox, dans un premier temps rubrique du journal Libération aujourd’hui devenu blog, en est le précurseur en France. Il avait débuté grâce à une déformation professionnelle dont nos politiques ont le secret. Lors d’une interview sur France Inter en Septembre 2008, Laurent Wauquiez est interrogé sur la crise naissante et si oui, ou non, le gouvernement l’avait vu venir. Bien sûr, selon l’intéressé: « Si jamais vous reprenez une discussion qu’on avait eue à votre micro il y a trois mois, on en avait parlé. J’étais assez lucide sur le fait que même si on avait des chiffres du chômage qui étaient relativement bons, la tendance nécessairement allait se retourner avec notamment la situation internationale dans laquelle on est en train d’entrer.»  Notre super-journaliste revient alors sur l’interview et évidemment, aucune trace de ladite lucidité. « Ce jour là, avec cette « autocitation fictive », Wauquiez nous a fourni une illustration que le mensonge en politique pouvait prendre des formes originales. »  explique le blog aujourd’hui. Il fournira également un mobile et déclenchera à son insu le point de départ français d’un outil qui pourrait éclaircir le jeu volontairement brouillé des politiques: le fact-checking.

En 2012, les politiques mentent toujours, mais le principe de vérification s’est développé. De nouveaux outils ont fait leur apparition sur le net et tout le monde peut y participer, comme si dénoncer un mensonge politique devenait un acte citoyen.

Dans la même veine que Désintox, est apparu récemment le Véritomètre, cauchemard en devenir des politiques. Créatif, précis et impartial, il passe a la loupe les discours des politiques et les notes jours après jours. Inspiré du site américain PoliticFact le Véritomètre recoupe les chiffres plus ou moins hasardeux lancés par les candidats avec ceux disponibles sur la toile et donne une note de crédibilité à chaque interview.

Véritomètre du 28 Février 2012

En plus du travail journalistique, le Véritomètre se démarque par sa simplicité d’utilisation et une interface ludique qui lui permet de vérifier mais surtout de comparer en temps réel les candidats à la présidentielle.

De son côté, Le Monde a lancé en parallèle Les Décodeurs et donne la définition exacte de cette nouvelle manière de voir la politique en se définissant comme un blog de fact-checking participatif. En 2012 on ne regarde pas seulement la politique. On y prend part.

Live-checking 

Cette nouvelle dimension de la politique citoyenne se développe également (voire surtout) au travers des réseaux sociaux. Le live-tweet devient ainsi une manière de relayer l’information tout en devenant acteur du débat. Lors de la candidature de Nicolas Sarkozy sur le plateau de TF1, Twitter s’enflamme et les internautes comme l’opposition se fait critique, au point que #SarkoCaSuffit deviendra Trending Topic en France.

#SarkoCaSuffit Trending Topic

Mais Twitter, ce ne sont pas seulement des gamins qui s’acharnent sur une personnalité. Lors de l’émission « La Politique c’est Net » de Public Sénat, leurs décodeurs de l’info expliquent que le live-tweet; en plus d’un élément devenu indispensable à leur quotidien de commentateur politique; leur donnait une opportunité de vérification, comme un nouveau devoir de journaliste.

La Politique c’est Net: « Twitter et la Télévision » http://www.publicsenat.fr/vod/la-politique-c-est-net/twitter-et-la-television/70081

Encore à ses débuts, le live-checking pourrait servir à terme à vérifier l’information en direct. Lors d’une interview télévisée, au sein d’un meeting, il deviendrait alors facile d’interpeller et contredire un candidat, relancer et enrichir un débat. Vu sous cet angle, le mensonge politique deviendrait limité et chacun pourrait y participer. De l’autre côté de l’Atlantique, PoliticFact propose une autre dimension à la vérification. Ainsi, son Obameter vérifie les promesses tenues ou non, compromises ou en voie de publication du président américain. Le petit Nicolas est un grand chanceux.

Alors, le fact-checking, la mort des grandes promesses et des petits mensonges?


		
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Twitter fait des émules et des nuls.

De retour des Etats Unis en pleine campagne républicaine, j’ai pu me rendre compte des différences dans l’utilisation des outils de communication entre nos candidats et les américains. J’ai dit différences? Autant pour moi. Je voulais dire l’abysse qui sépare la communication politique en matière de réseaux sociaux, entre nos deux pays. Plus intuitifs, plus proches, les politiques américains; Obama en tête; ont compris que les réseaux sociaux sont un moyen de communiquer avec les électeurs. On n’échange pas seulement des informations ou donne rendez-vous à des meetings mais on lance des débats au sein desquels l’électeur devient acteur. Au coeur de la nouvelle campagne d’Obama, l’internaute n’est plus qu’un simple diffuseur d’information, il y prend part. En France, on n’y est pas encore. Commençons par Twitter.

  • Ils s’y mettent.

Lancés avec succès lors de la campagne d’Obama de 2008, les comptes Twitter pour les politiques n’avaient pourtant pas connu le même essort sur l’hexagone. Plus sélectifs, moins porteurs que la télévision, les réseaux sociaux ne sont que d’autres canaux de communication pour les candidats qui ne s’y investissent qu’au travers de leurs équipes de campagne. Les tweets deviennent des paraphrases de discours, des invitations aux meetings. En un mot, l’inverse de l’authenticité recherchée sur le réseau. Même de manière purement quantitative, on s’apperçoit rapidement du peu d’importance que donnent nos présidents en devenir à Twitter.

NB: Bien sur, on notera que cela ne fait qu’une semaine que Nicolas Sarkozy est entré en campagne et par la même occasion sur Twitter. Son compte profite autant de la dynamique de sa candidature que de son aura de Président de la République et on lui attribuera le bon point du jour puisque pour l’instant les followers… suivent.

  • Politic entertainment

Si les followers sont présents, ils auraient tendance à respecter une certaine logique de popularité plutôt qu’un réel investissement sur les réseaux sociaux. François Hollande sur Canal Plus en janvier résumait à lui seul la manière de voir l’outil en France: un moyen; puissant il l’accorde; de relayer l’information.

C’est un début, c’était sa fonction première, mais Twitter est devenu plus important. Aujourd’hui, cet outil a considérablement raccourci les distances entre la masse et les personnalités. Suivre une personne au quotidien nous permet de se sentir dans son monde, dans une bulle privilégiée, comme si chaque tweet nous était destiné, personnalisé. La personnalisation, sûrement le mot-clé de la définition de Twitter, que nos amis politiques ont encore du mal à percevoir.

Sur les espaces, aucune réponse aux nombreuses questions des internautes qu’un écran les empêche de percevoir comme des citoyens, très peu de retweets et surtout, rien de plus que des slogans de campagne. Twitter est une vitrine, neutre, qui s’adresse à une masse et non à une personne or c’est là tout l’intérêt de l’outil et certains, à l’image de Barack Obama, l’ont bien compris.

  • Le modèle américain.

S’il avait bénéficé d’un élan populaire incroyable lors de sa campagne 2008, Barack Obama a poursuivi son effort sur les réseaux sociaux tout au long de son investiture. Le parfait exemple date de Juillet 2011, lorsque le Président réalisait pour la première fois une interview Twitter retransmise sur le web. Pas de journalistes, pas de prompteur, les interviewers sont des internautes et les questions…des tweets.

Une partie de l’interview à voir ici: http://www.youtube.com/watch?v=DdCSpY6RLXw

Obama's Town Hall Twitter

Plusieurs jours avant, son équipe de campagne avait créé un compte spécial auquel les internautes envoyaient leurs questions. Maitrisant l’exercice parfaitement, Obama répondra même au tweet d’un adversaire républicain en plein débat. Cet exercice releva non seulement la maîtrise du chef de l’Etat américain en matière de réseaux sociaux, mais également l’importance d’outils comme Twitter dans la communication, l’échange et le débat qu’ils permettent entre le peuple et ses élites.

A la limite entre politique et divertissement, Twitter est un outil de communication décallé mais plus authentique, l’opportunité d’une connexion unique entre un candidat et un électeur au singulier. En ce moment, Barack Obama fait gagner un dînner à sa table sur son compte Twitter. On n’en demande pas tant à nos candidats, un peu plus d’implication personnelle suffira.

Faites com’ chez vous

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La campagne française est donc enfin lançée avec l’annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy. Pour la forme, on mettra un « pas mal », pour le fond un « va falloir mieux faire » et pour le débat d’idées par contre, on attendra.

Mais sur Jeune et Com’ je ne m’attacherai que très peu aux idées, dans une société dans laquelle on fait des spots publicitaires de 30 secondes pour des yaourts de toute façon, qui en a quelque chose à faire. Non, ici, on s’attachera à la communication de nos candidats et plus particulièrement à celle la moins chiante, la com’ sur le net. Facebook, Twitter, Blogs, Vidéos, Lipdub… Non, on n’ira quand même pas jusque là, mais vous avez l’idée.

Honnêtement, lequel d’entre vous va tous les jours sur les sites des jeunesses UMP, le Twitter de François Hollande ou le blog de Marine Le Pen? Pas beaucoup. Et pourquoi? Tout simplement parce que nos politiques sont mauvais en communication 2.0.

Ce blog servira donc à analyser leur stratégie et à décortiquer leurs efforts. On ira faire des sauts du côté des Etats Unis, comparer le tout avec les politiques qui savent vraiment s’en servir et bien sûr, on se moquera gentiment.