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Twitter fait des émules et des nuls.

De retour des Etats Unis en pleine campagne républicaine, j’ai pu me rendre compte des différences dans l’utilisation des outils de communication entre nos candidats et les américains. J’ai dit différences? Autant pour moi. Je voulais dire l’abysse qui sépare la communication politique en matière de réseaux sociaux, entre nos deux pays. Plus intuitifs, plus proches, les politiques américains; Obama en tête; ont compris que les réseaux sociaux sont un moyen de communiquer avec les électeurs. On n’échange pas seulement des informations ou donne rendez-vous à des meetings mais on lance des débats au sein desquels l’électeur devient acteur. Au coeur de la nouvelle campagne d’Obama, l’internaute n’est plus qu’un simple diffuseur d’information, il y prend part. En France, on n’y est pas encore. Commençons par Twitter.

  • Ils s’y mettent.

Lancés avec succès lors de la campagne d’Obama de 2008, les comptes Twitter pour les politiques n’avaient pourtant pas connu le même essort sur l’hexagone. Plus sélectifs, moins porteurs que la télévision, les réseaux sociaux ne sont que d’autres canaux de communication pour les candidats qui ne s’y investissent qu’au travers de leurs équipes de campagne. Les tweets deviennent des paraphrases de discours, des invitations aux meetings. En un mot, l’inverse de l’authenticité recherchée sur le réseau. Même de manière purement quantitative, on s’apperçoit rapidement du peu d’importance que donnent nos présidents en devenir à Twitter.

NB: Bien sur, on notera que cela ne fait qu’une semaine que Nicolas Sarkozy est entré en campagne et par la même occasion sur Twitter. Son compte profite autant de la dynamique de sa candidature que de son aura de Président de la République et on lui attribuera le bon point du jour puisque pour l’instant les followers… suivent.

  • Politic entertainment

Si les followers sont présents, ils auraient tendance à respecter une certaine logique de popularité plutôt qu’un réel investissement sur les réseaux sociaux. François Hollande sur Canal Plus en janvier résumait à lui seul la manière de voir l’outil en France: un moyen; puissant il l’accorde; de relayer l’information.

C’est un début, c’était sa fonction première, mais Twitter est devenu plus important. Aujourd’hui, cet outil a considérablement raccourci les distances entre la masse et les personnalités. Suivre une personne au quotidien nous permet de se sentir dans son monde, dans une bulle privilégiée, comme si chaque tweet nous était destiné, personnalisé. La personnalisation, sûrement le mot-clé de la définition de Twitter, que nos amis politiques ont encore du mal à percevoir.

Sur les espaces, aucune réponse aux nombreuses questions des internautes qu’un écran les empêche de percevoir comme des citoyens, très peu de retweets et surtout, rien de plus que des slogans de campagne. Twitter est une vitrine, neutre, qui s’adresse à une masse et non à une personne or c’est là tout l’intérêt de l’outil et certains, à l’image de Barack Obama, l’ont bien compris.

  • Le modèle américain.

S’il avait bénéficé d’un élan populaire incroyable lors de sa campagne 2008, Barack Obama a poursuivi son effort sur les réseaux sociaux tout au long de son investiture. Le parfait exemple date de Juillet 2011, lorsque le Président réalisait pour la première fois une interview Twitter retransmise sur le web. Pas de journalistes, pas de prompteur, les interviewers sont des internautes et les questions…des tweets.

Une partie de l’interview à voir ici: http://www.youtube.com/watch?v=DdCSpY6RLXw

Obama's Town Hall Twitter

Plusieurs jours avant, son équipe de campagne avait créé un compte spécial auquel les internautes envoyaient leurs questions. Maitrisant l’exercice parfaitement, Obama répondra même au tweet d’un adversaire républicain en plein débat. Cet exercice releva non seulement la maîtrise du chef de l’Etat américain en matière de réseaux sociaux, mais également l’importance d’outils comme Twitter dans la communication, l’échange et le débat qu’ils permettent entre le peuple et ses élites.

A la limite entre politique et divertissement, Twitter est un outil de communication décallé mais plus authentique, l’opportunité d’une connexion unique entre un candidat et un électeur au singulier. En ce moment, Barack Obama fait gagner un dînner à sa table sur son compte Twitter. On n’en demande pas tant à nos candidats, un peu plus d’implication personnelle suffira.

À propos de Simon De Brito

Etudiant en Marketing, passionné de com' et glob-trotter, j'ai vécu et travaillé en France, aux Etats Unis et en Espagne ce qui me permet d'avoir un recul et une appréciation particulière sur l'utilisation de la communication et surtout des réseaux sociaux par les entreprises. Le cru 2012 étant présidentiel, j'étais curieux de savoir si cette campagne serait 2.0. Jeune et Com' était lancé.

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